Historique


Avant le Prospero

A l’endroit même où est aujourd’hui situé le théâtre Prospero, fut construit en 1911 une salle qui présentait des spectacles de divertissement populaire. Or, ce lieu très fréquenté par les gens du Plateau et des environs a porté les jolis noms de La Lune Rousse, de Ciné Place le Marquis. La comédienne et humoriste Rose Ouellette dite «La Poune» et beaucoup d’artistes populaires ont défilé dans cet endroit bien connu de Montréal. Dans les années cinquante, il est devenu le cinéma Caméo (pour toute la famille) et, plus tard, le cinéma Le Québécois 11 (pour adultes).


Transformation d’un ancien cinéma en espace théâtral

En 1984, Le Groupe de la Veillée est en quête d’un lieu permanent pour travailler, créer ses spectacles et tenir ses ateliers. Grâce à une subvention accordée par le ministère de la Culture, la compagnie fait l’acquisition de cet ancien cinéma alors abandonné. A partir de ce moment, la troupe développe une infrastructure qui lui permettra de présenter ses spectacles devant un public élargi et d’accueillir par la même occasion d’autres compagnies. Le nouveau théâtre portera alors le nom d’Espace La Veillée.

Jusque là, Le Groupe de la Veillée avait logé dans différents locaux de fortune, loués ou même prêtés, à Montréal et ses environs. Cette acquisition constitue donc un tournant significatif dans le développement de la compagnie, ainsi qu’un effort marqué de participer à la revitalisation d’un quartier jusque là délaissé du milieu culturel, le Centre-Sud de Montréal.

À la fin août 1986, alors que toute l’équipe est en vacances, un incendie ravage le toit et les locaux situés aux étages supérieurs du théâtre. Une rénovation partielle est alors effectuée, qui permet l’ajout d’un nouvel espace de répétitions.

En 1992, Le Groupe de la Veillée est contraint par la Ville de Montréal d’effectuer une mise aux normes de son bâtiment. Ce qui devait d’abord s’avérer une rénovation se transforme alors en une reconstruction complète. En effet, suite à des études préliminaires, il devient évident et plus profitable de reconstruire entièrement le théâtre et de le doter des outils nécessaires et indispensables à son fonctionnement optimal.

La Veillée reçoit alors une subvention de près de 3 000 000 $, accordée principalement par le Ministère de la Culture du Québec, avec la collaboration de Patrimoine Canada, afin de réaliser la reconstruction complète du bâtiment. Les maîtres d’œuvre en seront l’architecte Christian Ouelette et la firme Trizart Consultations, qui s’est surtout attachée à la conception scénographique de la salle de spectacle.


Reconstruction complète du théâtre.

Les travaux se déroulent entre mai 1994 et janvier 1995. Le théâtre a ensuite ouvert officiellement ses portes avec la présentation du spectacle Amerika, d’après Franz Kafka. Le lieu de diffusion est dorénavant beaucoup mieux équipé techniquement, et certainement plus accueillant pour les spectateurs qui le fréquentent.

La Salle intime

C’est à cette même époque que La Veillée décide de transformer un espace au sous-sol, en une petite salle pour cinquante spectateurs. L’ouverture de notre Salle intime en 1995, permet d’accueillir de nombreuses jeunes compagnies, qui y présentent leurs premiers essais et explorations scéniques. La relève occupe aujourd’hui une place importante dans la programmation saisonnière du théâtre.


Nouvelle appellation / théâtre Prospero

Jusqu’en 1999, le théâtre porte le nom d’Espace La Veillée. Le Groupe prend à ce moment la décision de changer le nom du lieu, de lui attribuer une appellation plus conforme à sa véritable fonction (théâtre), et davantage ouverte sur le monde; Prospero étant en effet le personnage central de « La Tempête » de Shakespeare; pacificateur et magicien qui maîtrisait les éléments naturels et les esprits grâce au pouvoir que lui conféraient les livres. Du même coup, cette nouvelle appellation permettra aussi aux compagnies en accueil de ne pas voir leurs créations amalgamées aux spectacles du Groupe de la Veillée.

Depuis sa reconstruction, dix-huit (18) saisons théâtrales ont permis d’accueillir plus de 250 compagnies et des centaines d’artistes de différents milieux, qui y ont présenté leurs créations. Le Prospero a permis à de nombreux créateurs, jeunes et chevronnés, de défendre des parcours artistiques et des approches esthétiques diversifiées.